AIAC NEWS

dell'Associazione Internazionale di Archeologia Classica

AIAC NEWS n. 23-24 (Dicembre 1999 / Marzo 2000)

VILLA MEDICIS. LA FOUILLE DU PIAZZALE (janvier-septembre 1999).

 

La fouille du piazzale situé devant la façade orientale de la Villa Médicis s'inscrit dans le cadre d'un programme de recherches mené par l'Ecole française de Rome, depuis 1981, sur le versant occidental du Pincio. Des travaux ponctuels effectués dans le cadre de la restauration du bâtiment, en 1990 et 1992, avaient révélé la présence d'un important édifice de la fin de l'Antiquité dont la fouille complète a pu être réalisée en 1999, grâce à l'ouverture d'une aire de fouille de 1200 m2 d'extension.
Les premiers témoignages d'aménagement de la colline sont représentés par des murs de soutènement en opus quadratum de pépérin, qui paraissent appartenir aux travaux réalisés par Lucullus dans la première moitié du Ier s. av. J.-C. Ces terrassements, et les différentes constructions augustéennes qui les ont occupés, ont été noyés dans un remblai de la première moitié du Ier s. qui fait probablement partie des grands travaux voulus par Valerius Asiaticus avant 47 ap. J.-C. Cette nouvelle terrasse reçut différentes constructions, détruites dans le courant du IIème s. ap. J.-C. par une très longue citerne (plus de 80 m de longueur, pour 5 m de largeur).
Plus tard, la partie méridionale de cette terrasse a été décaissée pour la construction d'un grand édifice (env. 750 m2) construit en opus vittatum mixtum, et composé de trois grandes salles de représentation: une salle absidiale (diam. 14 m), chauffée, était précédée par un portique en hémicycle dont une bonne partie du sol d'opus sectile est conservée (à la différence du reste de l'édifice, dont le luxueux revêtement de marbre a entièrement disparu), et qui ouvrait vers le sud, en direction du centre monumental de la ville et de Saint-Paul-hors-les-Murs; derrière la salle absidiale, une cour de service abritait le praefurnium de son système de chauffe. Un espace curviligne doté d'un puits de lumière desservait les deux autres salles, l'une fermée vers l'est par une exèdre rectangulaire dans laquelle ouvrait une large baie, l'autre par une abside comportant une niche. Plusieurs éléments documentent l'existence d'un premier étage du palais, dont un lambeau du sol de marbre a été retrouvé encore en connexion.
Le terminus post quem pour la construction de ce bâtiment est offert par une monnaie de Valentinien Ier découverte dans une de ses tranchées de fondation, et par les timbres circulaires REI/PVBL portés sur de nombreuses bipédales utilisées pour la construction du palais, qui prouvent que celui-ci ne peut être antérieur au sac d'Alaric, en 410 ap. J.-C., date avant laquelle la domus Pinciana appartenait à la famille des Anicii. Il s'agit donc probablement d'une adjonction au palais réalisée sous le règne de l'empereur Honorius.
Plusieurs secteurs du bâtiment ont été affectés par d'importants mouvements de terrain, peut-être à mettre en relation avec un grand tremblement de terre documenté à Rome à la fin du Vème s. ou au début du VIème s. La destruction de la partie antérieure du palais, dès cette époque, pourrait expliquer l'information transmise par Cassiodore, selon lequel Théodoric aurait fait récupérer des marbres de la domus Pinciana pour la construction de ses monuments de Ravenne, un quart de siècle avant que Bélisaire ne le choisisse comme résidence au cours du siège des Goths de Witigès (536-538 ap. J.-C.).
C'est probablement le général byzantin, soucieux de disposer d'une importante réserve d'eau dans sa résidence romaine, après la mise hors d'usage des aqueducs de la ville, qui ordonna la construction de la très grande citerne (1000 m3 environ) qui retaille le portique du palais.
La présence de cette citerne dut jouer un rôle déterminant à l'époque de la construction de la casina de la famille Crescenzi, que les céramiques découvertes dans la fouille permettent de dater autour de 1500. On peut penser qu'elle constituait un atout important pour le site, que n'alimentait encore aucun aqueduc à l'époque où les cardinaux Ricci de Montepulciano, puis Ferdinand de Médicis, décidèrent d'y élever leur villa.
A l'angle nord-est du piazzale, un bassin découvert dans la fouille recueillait l'eau de l'Aqua Virgo qu'une pompe conçue par l'ingénieur hydraulique du cardinal Ricci permettait d'élever jusqu'au domaine. Transformé en fontaine vers la fin du XVIème s., après la construction de l'Aqua Felice, ce bassin témoigne, lui aussi, du rôle fondamental de l'eau dans l'histoire du site, depuis l'antiquité jusqu'à l'époque moderne.

Henri Broise (EFR, Roma)
Martine Dewailly (EFR, Roma)
Vincent Jolivet (CNRS/EFR, Roma)

 

 

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