
Monsieur le Président,
Vous souhaitez des réactions au compte rendu du XVe Congrès
International d'Archéologie Classique? En voici une toute
franchise.
Je garde un mauvais souvenir du seul colloque international auquel
j'ai assisté il y a bien longtemps, et que je ne citerai
pas pour ne froisser personne. Je me suis bien jure de ne pas
y retourner.
En effet, il s'agit d'une "foire aux archéologues"
où on ne se retrouve pas. L'institution des sessions parallèles
oblige à courir partout d'une salle à l'autre
.avec
déceptions à la clef. Je suis sans doute trop spécialisée
pour y trouver mon compte et il est sûr que je préfére
de beaucoup les colloques à thèmes précis.
Vous vous étonnez qu'il y ait eu si peu de Français:
sans doute que nous pratiquons, en France, une archéologie
de spécialistes, plutôt que de généralistes,
comme chez les Allemands qui ont été très
nombreux.
Vous vous étonnez aussi qu'il n'y ait pas eu de communications
sur l'archéologie sous-marine et peu en restauration. Cela
s'explique très bien du fait que ces disciplines ont leurs
propres colloques, de même que nous avons ceux sur la mosaïque
ou la peinture murale. Le raisonnement vaut pour l'archéométrie.
Alors ne vous étonnez plus d'avoir en surabondance des
communications sur la sculpture et l'iconographie, sujets traditionnels
d'une archéologie du passé.
Je ne suis pas étonnée, en revanche, que la formule
des posters, que nous pratiquons aussi assidûment, at eu
du succès. C'est là, parmi les jeunes archéologues
qui n'ont pas accès au "micro sacralisateur"
que se trouve l'archéologie de demain.
Si vous publiez mon papier alors peut-être irai-je voir
si la situation a changé
.au prochain colloque.
Alix BARBET
Directeur de Recherche au CNRS